samedi 1 octobre 2022

Histoire de la chanson "Mourir sur scène".

 Bonjour !


Aujourd’hui, et contrairement à ce que j’avais annoncé dans le premier article (au final, je n’ai pas encore trouvé assez de contenu pour réaliser le premier article), je vais vous parler de l’histoire d’une chanson culte de Dalida, Mourir sur scène !
Commençons !

-Contexte :

En 1983, Dalida a 50 ans, dont 27 ans de carrière. Elle a vendue au total 30 millions de disques dans le monde, soit une moyenne de presque 1,1 million de disques par an. Sa carrière reste encore très internationale, ses disques se vendent en effet très bien à l’étranger. Mais en France, les jours ne sont pas à la fête. Depuis « La chanson du Mundial », qui restera à jamais son dernier grand succès de ventes, ses disques ne se vendent presque plus. Par ailleurs, les rumeurs d’une liaison politique et bien plus, avec François Mitterand ne se sont toujours pas calmées, étant encore au plus haut. Dalida décide alors de s’« exiler » en Amérique du Sud, où elle fait de nombreux concerts, très bien reçus du public. À son retour, elle semble se sentir mieux, les rumeurs avec Mitterand s’étant tues.
Malheureusement, en juillet, Dalida est de nouveau endeuillée, par le suicide de Richard Chanfray, son ancien compagnon de 1972 à 1980. Elle se dit alors à ce moment-là qu’elle est une femme maudite, après les suicides de quasiment tout ses anciens compagnons, Luigi Tenco, Lucien Morisse, et donc Richard Chanfray. Seul Jean Sobieski ne s’est pas suicidé, et est d’ailleurs encore aujourd’hui bien vivant.

-Préparation de l’album :

C’est donc dans tout ce contexte qu’elle décide de préparer son prochain album. Elle se voit offrir des chansons, souvent tristes (« J'aime », « Lucas » ou encore « Marie-Madeleine ») ou des simplettes (« Les p'tits mots »). On pourra d’ailleurs s’étonner du fait qu’il n’y aie aucune chanson réellement dansante sur cet album, mais, comme je vous l’ai dit plus haut, Dalida est endeuillée du suicide de Richard Chanfray, survenu juste avant la préparation de l’album. Du coup, il n'y aura donc aucune chanson dansante sur cet album. Mais revenons-en à « Mourir sur scène »...

-La chanson en elle-même :

Un jour, Michel Jouveaux compose un texte racontant l'amour d'un chanteur pour la scène. Il le destine à deux grands chanteurs du moment, Johnny Hallyday et Michel Sardou. Et ce n’est que lorsque Jeff Barnel arrive chez Michel Jouveaux qu’il le convainc de donner la chanson à son amie Dalida, tout en effectuant quelques modifications.
La chanson sera ensuite présentée à Dalida qui, par une grande surprise, ne l'aime pas. En effet, elle vient à ce moment-là d'enregistrer 2 chansons qui sont à peu près sur le même thème.
La première s’appelle « Bravo ». Dans cette chanson, Dalida se voit dans le futur, s'imaginant vieillissante en l'an 2000 (année où elle aurait eue 67 ans), totalement oubliée du public qui l'a jadis idolâtrée.
La deuxième chanson se nomme « Téléphonez-moi », et est un cri de détresse très explicite à son public, où elle parle de la solitude qui la ronge, et du fait que seul son public la maintient en vie. Elle fait aussi référence à ce que les médias ont dit d'elle en 1981, lorsqu’elle a apportée son soutien (plus amical que politique d’ailleurs) à François Mitterrand lors de l'élection présidentielle, qui l’avaient traité de Panthère Rose (« Je ne suis pas une panthère rose, qui griffe et puis qui s'en va »).
Au final, ce ne sera qu'à force de cadeaux, de chantages, et de tant d’autres choses que Dalida acceptera d’enregistrer la chanson.

Le texte est donc une nouvelle fois remanié, en intégrant notamment deux lignes s’adressant directement à la mort, l'interpellant en faisant allusion à sa tentative de suicide en 1967 : « Toi et moi on se connaît déjà, on s'est vues de près, souviens-toi ». Également, on y trouve une parole quasi-prémonitoire sur les événements futurs de la vie de Dalida : « Moi qui ai tout choisi dans ma vie, je veux choisir ma mort aussi ».

Après l’enregistrement, vient le moment où l'album doit sortir. Et comme d’habitude, avant l’album, c’est un premier 45 tours qui doit sortir. On choisit « Les p'tits mots » et « Mourir sur scène » comme titres phares. Et comme toujours, Orlando hésite sur le titre qui ira en face A et celui allant en face B. C'est donc aux programmateurs radio qu’il s'adresse. Et après avoir écouté le disque, ces derniers pensent que « Mourir sur scène » semble une évidence ! Par ailleurs, Jeff Barnel, compositeur de la musique, est du même avis que les programmateurs. Mais Orlando ne les écoutera finalement pas, et mettra le titre en face B du 45 tours, qui est donc prévu pour juin 1983.

La promotion de la chanson commencera toutefois bien avant, en même temps que celle de l’album, donc en avril. Malgré une promotion plus qu'intensive (18 émissions sur la seule année 1983 !), le disque ne se vendra qu'à 22 000 exemplaires, un énorme bide donc pour Dalida. Mais malheureusement, ce n’est plus très étonnant, car, comme je l’ai dit plus haut, elle connaissait à ce moment-là de nombreux bides en 45 tours occasionnés soit par une mauvaise qualité de la chanson, soit tout simplement car Dalida devenait presque démodée dans ces années 80.
Mais cela n’empêchera toutefois pas Dalida de chanter très régulièrement la chanson durant ses concerts, où elle sera à chaque fois très applaudie par le public (notamment lors de son tout dernier concert), ainsi qu’à la télévision.

Évidemment, on le sait, 4 ans plus tard, le 3 mai 1987, Dalida se suicide à l’âge de 54 ans. Les médias, ainsi que le public associeront alors cette chanson à la fin de vie et de carrière de Dalida, qui aura au final réalisé le souhait exprimé dans la chanson, c’est-à-dire mourir en pleine activité, cette dernière représentant le fait de satisfaire son public avec ses chansons.

-Le succès posthume :

La chanson a donc été un total bide de ventes à l’époque.
Et ensuite ?
Eh bien, après la mort de Dalida, la chanson sera donc associée à cette dernière, ainsi qu'à sa mort. Egalement, la chanson aura un bon classement au Québec (40ème place), et s’y vendra plutôt bien.
Ensuite, en 1995, dans le premier album de remix de chansons de Dalida « Comme si j'étais là », la chanson est présente, dans une forme moderne et remixée.
Les deux films sur Dalida sortis en 2005 et 2017 feront ré-entrer la chanson dans les hits, ainsi qu’une nouvelle version remixée sortie cette année (2022), qui finiront de faire rentrer la chanson dans le patrimoine musical français.

Par ailleurs, de très nombreux artistes populaires reprennent la chanson, comme Julien Doré, Amel Bent, Shirley Bassey (en anglais), Les Enfoirés, Camélia Jordana, Angèle ou encore Suzane (dans le même studio d’enregistrement que celui où a été Dalida lorsqu’elle a enregistrée la chanson).

Enfin, le titre a récolté un peu plus de 17 millions d’écoutes sur Spotify, ainsi qu'un peu plus de 10 millions de vues sur YouTube.

Voilà, j'espère que cet article, qui a été un peu long d’ailleurs, vous aura plu! En tout cas, il m'a beaucoup plu à moi de le faire ! Dites-moi en commentaire si ce format vous plaît, vos conseils, ou les encore les chansons que vous voudrez que je traite! Bonne journée et au revoir !







Sources :
-http://www.chartsinfrance.net/communaute/index.php?/topic/83761-les-ventes-de-dalida-35-ans-d%C3%A9j%C3%A0/
-https://fr.wikipedia.org/wiki/Mourir_sur_sc%C3%A8ne
-https://fr.wikipedia.org/wiki/Dalida


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